Le behaviorisme, ou comportementalisme

 

Extrait d’un article mis en ligne sur le site http://solidariteetprogres.org

 

Avertissement. Nous ne partageons pas la finalité purement humaine des actes humains qui sous-tend le site http://solidariteetprogres.org ; cependant certaines de leurs analyses sont très pertinentes et ne sont en rien incompatibles avec la foi catholique. Il appartient aux catholiques de se former pour faire le tri.

 

 

 

 

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Qu’est ce que le comportementalisme ?

 

Disons pour commencer que le comportementalisme cherche à expliquer les prises de décision des êtres humains. Mais sur quelle base ? Celle d’un être humain, capable par sa créativité et sa conscience de transcender les lois naturelles et sociales afin de bâtir un avenir meilleur pour ses semblables ? Evidemment non. Pour comprendre le comportementalisme, on peut penser aux célèbres expériences de Pavlov, où l’on étudie sur l’animal les mécanismes de l’apprentissage par le conditionnement. Pour prendre un exemple plus récent, pensez au film Nos amis les terriens, de Bernard Weber, où des extra-terrestres mettent des hommes en cage pour les étudier comme on étudierait le comportement de rats dans un laboratoire.

 

Pour le comportementaliste, le comportement de l’être humain est déterminé par des stimuli extérieurs, auxquels il réagira selon la simple équation charnelle plaisir-douleur. Prenons le fondement de la philosophie de Jérémy Bentham, la grande référence des comportementalistes : « La nature a placé l’humanité sous le gouvernement de deux maîtres souverains, la douleur et le plaisir. C’est à eux seuls qu’il appartient de signifier ce que nous devrions faire, comme de déterminer ce que nous ferons. (…) Ils nous dirigent dans tout ce que nous faisons, dans tout ce que nous disons, dans tout ce que nous pensons (…) Les divers systèmes qui tentent de mettre en question cette sujétion reposent sur du vent plutôt que sur du solide, sur des foucades plutôt que sur la raison, sur l’obscurité plutôt que sur la lumière. » Après avoir lu ces quelques lignes, vous ne serez pas surpris d’apprendre que Bentham était le chef du renseignement au Foreign Office britannique et comptait parmi ses faits d’armes d’avoir noyé la Révolution française dans le bain de sang de la Terreur.

 

Evidemment, pour lui, les Droits de l’homme et du citoyen ne pouvaient être que « foucades » et « obscurité ». Dans sa défense subversive de l’Empire britannique, Bentham avait fustigé en 1776 la Déclaration d’Indépendance du Congrès américain : « Pour garantir ces droits, ils veulent instituer un gouvernement. Mais ils ne voient pas (…) que tout gouvernement n’a jamais pu s’établir qu’au dépend de ces droits (…) avec cette doctrine, ils ont surpassé l’extravagance de tous les fanatiques jusqu’alors. »

 

Psychologie de guerre et guerre psychologique

 

Né des travaux menés par des psychiatres britanniques dans les tranchées de 1914-18, le comportementalisme contemporain fut ensuite théorisé à l’Institut Tavistock de Londres. Au-delà des techniques psychologiques individuelles qu’ils avaient établies, ils réalisèrent que le meilleur moyen de conditionner le comportement de l’individu était de manipuler la dynamique du groupe dans lequel il se trouve. Le psychologue Kurt Lewin, dont le transfert de l’école de Francfort aux Etats-Unis, via l’Institut Tavistock, fut financé par la fondation Rockefeller, fut un pionnier de cette nouvelle science : la « dynamique de groupe ». Pour Lewin, la société humaine se résume à un « champ social » fait des répulsions et attractions entre individus. Pour lui, la dynamique sociale est un système binaire – le « 1 » pour l’attirance et le « 0 » pour la répulsion – dans lequel le flux d’information entrant permet de déterminer et de perturber la « structure cognitive » des personnes. Ainsi « l’individu devient incapable de savoir si un plan particulier pourrait le mener vers son objectif ou l’en éloigner. Dans ces conditions, même les individus ayant des objectifs définis et étant prêts à prendre des risques, seront paralysés par de graves conflits intérieurs sur ce qu’ils doivent faire. »

 

   

Les comportementalistes pourront-ils apercevoir un jour des sentiments humains ?  

En gros, Lewin s’intéresse à créer les conditions dans lesquelles vous ne pouvez que recourir à vos instincts physiologiques, en finissant par croire que vous n’êtes rien d’autre que cette créature de plaisir et de douleur. Le but ? Vous pousser à abandonner vos convictions et votre identité. Pourquoi ? Pour briser toute capacité de leadership politique et culturel dans la société.

Il est bien évident que si l’on déshumanise les gens en les traitant comme des animaux, on les encourage à se comporter comme tels. D’où la non-validité scientifique du comportementalisme.

 

Economie comportementale et fascisme financier

 

Le fondateur de l’économie comportementale, récompensé par le prix Nobel d’économie 2002, est le psychologue israélien Daniel Kahneman. Comme son inspirateur Kurt Lewin, Kahneman commença ses travaux dans le cadre militaire : entre 1954 et 1958, il sert dans le département psychologique de l’armée israélienne, où il utilise les méthodes des manuels militaires britanniques. Emigré aux Etats-Unis, il publie en 1974 une étude sur le jugement en situation d’incertitude, avec le soutien de l’Agence pour les projets de recherche avancée du Pentagone (DARPA).

 

En 1978, il rejoint le Centre des études avancées en science comportementale de Stanford, où il fonde, avec Richard Thaler, « l’économie comportementale » puis la « finance comportementale », basées sur l’anticipation des choix irrationnels des acteurs économiques individuels.

 

Mais cette nouvelle « science » reste marginale. En 1982, Eric Wanner, directeur de la fondation Alfred P. Sloan, organise le financement du groupe et crée en 1986, conjointement avec la fondation Russell Sage, la Behavioral Economics Roundtable. Dans quel but ?

 

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